
Un guerrier fabuleux
Chaka kaSenzangakhona, aussi appelé Shaka Zulu, né en 1787, était à la tête de l’empire zoulou qu’il fonda et auquel se heurtèrent de nombreux colonisateurs jusqu’à son démantèlement. Il fut un chef charismatique, un stratège et un organisateur de génie. Les Zoulous le considèrent comme un personnage important et semi-légendaire.
En effet, ses actions ont influencé la vie et le destin de régions entières de l’Afrique australe. Aussi, il est le symbole de la lutte idéologique entre les Noirs et les Blancs en Afrique du Sud.
Il était à la fois un guerrier brutal et un symbole de l’unité africaine, invitant à des comparaisons avec les chefs militaires sanguinaires mais brillants de l’ancienne Sparte.
Shaka Zulu est peut-être une figure polarisante, mais c’est une personnalité qui a marqué à jamais l’histoire de la région.
Vengeance et Ascension
Shaka serait issu d’une union illégitime entre Nandi, princesse Langeni, et Senza Ngakona, chef du clan des Zoulous. D’après la légende, il aurait été considéré comme un bâtard, rejeté et régulièrement maltraité par sa famille et ses amis. Ces expériences vont le marquer, et seront l’origine d’une soif de vengeance. Shaka Zulu est doué d’une force physique et d’une endurance prodigieuse, il excelle au combat. Il est charismatique et se révèle être un fin stratège. Grâce à ses qualités sa réputation s’étend.
À la mort de son père, Senza Ngakona, en 1816, l’un des demi-frères de Shaka, Sigujana assure la succession conformément à la volonté de leur père, et devient le chef du clan zoulou. Shaka assassina Sigujana afin de prendre le pouvoir et succéda à son père. Shaka a gouverné avec une main de fer dès le début, infligeant une mort instantanée à la moindre opposition.
Réorganisation du royaume zoulou
Shaka règne sur son peuple et commence à lui appliquer ses idées révolutionnaires pour créer une puissante armée.
Son premier acte fut de réorganiser l’armée. Shaka a commencé par une réorganisation systématique des guerriers zoulous, mettant en œuvre un programme d’entraînement rigide, un nouvel armement, de nouvelles formations d’attaque et un code strict d’obéissance. La société zoulou a été entièrement restructurée pour soutenir l’armée. En moins d’un an, les Zoulous – et leur armée – avaient quadruplé. En moins de deux ans, Shaka a vaincu les seuls clans assez grands pour le menacer.
Le peuple zoulou
Shaka remodèle son peuple en une armée de métier constituant le pivot de la société, ce qui en bouleverse les structures traditionnelles. Il astreint au service militaire tous ses sujets, crée un corps d’amazones, impose la langue zoulou à ses voisins.
Il a ensuite institué le système régimentaire basé sur les groupes d’âge, cantonné dans des kraals (villages) séparés et distingués par des marques uniformes sur les boucliers et par diverses combinaisons de coiffes et d’ornements. Il les stimule par des concours d’épreuves : aux vainqueurs sont offertes les plus belles filles nubiles, initiées à la lutte et au combat. Il multiplie les exercices physiques et accroît la part de nourriture carnée de ses troupes.
La chute
Le déclin de Chaka commencera avec sa tendance de plus en plus affirmée à la tyrannie, qui lui valut l’opposition de son propre peuple.
À la mort de sa mère Nandi en 1827, Chaka fit exécuter plus de 7 000 hommes et femmes. Pendant un an, il fut interdit aux gens mariés de vivre ensemble et à tous de boire du lait. Notons néanmoins que ce rite de deuil extrême, bien qu’exceptionnel, avait déjà été observé dans la tradition zouloue.
Un Shaka Zulu de plus en plus cruel et paranoïaque fut assassiné en 1828, mais cela ne marqua pas la fin de ses effets sur l’Histoire. En plus de créer une entité politique dans le royaume zoulou, les campagnes militaires de Shaka ont provoqué le déplacement massif de personnes, une crise qui s’est inscrite dans une période de troubles de plusieurs décennies que les historiens appellent le Mfecane (ou la « dispersion »).
Aujourd’hui encore…
Shaka a laissé derrière lui un État nouveau et un puissant sentiment d’identité pour la région ainsi qu’une culture commune qui subsiste aujourd’hui. La célébration orale de Shaka, sous forme de l’ Izibongo ou poème à la gloire d’un héros, n’a jamais cessé et ses actions militaristes ont également provoqué un effet d’entraînement dans toute l’Afrique, perturbant à jamais l’équilibre des pouvoirs.
Le dernier roi zoulou Goodwill Zwelithini (1948-2021), qui a perpétué les traditions pour le peuple zoulou, est mort Le 12 mars 2021 à l’âge de 72 ans, nous ne savons pas encore qui le succédera au trône. Sans pouvoir dans l’Afrique du Sud d’aujourd’hui, les rois traditionnels influencent des millions de personnes de cette ethnie, la plus importante du pays, jouant un rôle symbolique fort, essentiellement spirituel et cérémonial.
